Assise dans les gradins

27 mai, 2026

Je suis tombée sur cette phrase récemment… et elle m’a frappée assez fort pour que je fasse une capture d’écran afin d’y revenir plus tard.

« N’en veux pas au clown de se comporter comme un clown…
Demande-toi pourquoi tu continues d’aller au cirque.
 »

Et après y avoir pensé, repensé, encore repensé… j’ai compris ce qui m’avait accrochée dans cette phrase.

Pendant un moment, je n’arrivais pas à le nommer clairement.

Puis c’est devenu évident.

Ce n’était pas le clown.

C’était le cirque.

Comme si on était spectateur, assis dans les gradins, complètement pris par ce qu’on regarde… hypnotisé par le spectacle devant nous. Au point d’oublier le reste. Les soucis. Le bruit dans la tête. Même la liste d’épicerie.

Comme si, en entrant, on laissait son esprit critique à la billetterie… et qu’on gardait juste ce qu’il faut pour regarder sans trop questionner.

Au point de ne plus vraiment être là.

Et en y repensant… je me suis reconnue là-dedans.

Je crois qu’une partie de ma déconversion a commencé là. Pas d’un coup. Pas dans un moment précis. Mais tranquillement.

Comme si j’étais encore assise dans les gradins, mais que quelque chose en moi ne regardait plus tout à fait pareil.

J’ai oublié de laisser mon esprit critique à la billetterie… je l’ai mis dans ma poche.

Mais en même temps… mon esprit part ailleurs.

À ma liste d’épicerie. À des choses normales, quotidiennes.

Et sans même m’en rendre compte, je recommence à réfléchir à ce qui se passe devant moi… au lieu de simplement le regarder.

Être là… sans être complètement là.

Ce n’était pas juste ce qui se passe sur scène. C’était tout le cirque autour.

Il y avait des gens que j’aimais. Des liens importants. Une histoire dans laquelle j’avais mis beaucoup de moi.

Alors j’ai essayé de rester.

De comprendre plus. De faire des efforts. De me dire que si ça ne suivait plus en moi, c’était moi le problème.

Mais certaines questions ne restent pas silencieuses.

Elles reviennent. Elles passent ailleurs. Même quand on les pousse au fond.

Et un jour, la fatigue devient claire.

On comprend qu’on peut aimer des gens… sans que l’endroit où on est nous fasse encore du bien.

Alors on descend des gradins.

Sans colère. Sans grand geste.

Juste doucement.

Et une fois dehors…

Ce qui frappe, ce n’est pas le silence.

C’est de réaliser que notre propre voix était là depuis longtemps… mais qu’on ne l’entendait plus.

« N’en veux pas au clown de se comporter comme un clown…
Demande-toi pourquoi tu continues d’aller au cirque. »

Et aujourd’hui, cette phrase ne parle plus du cirque autour de moi.

Elle parle de moi. De ce que j’ai appris à quitter… et peut-être de ce que nous apprenons, chacun à notre façon.

Parce que parfois… au lieu de laisser mon esprit critique à la billetterie, je l’ai gardé dans ma poche.

Article écrit par Marie-Soleil.

Pour continuer ta réflexion…