Tout d’abord, il faut définir ce que le mot croyance signifie vraiment. Selon le dictionnaire Larousse, c’est défini comme suit : Ce qu’on croit ; opinion professée en matière religieuse, philosophique, politique.
Bien souvent, plusieurs de nos croyances peuvent être familiales. Ce que je veux dire, c’est qu’une majorité de nos convictions peuvent venir de nos parents et/ou de notre cercle social rapproché. Lorsque ces certitudes jouent un rôle important dans notre vie et prennent beaucoup de place dans nos décisions de tous les jours, elles peuvent être limitantes, paralysantes ou parfois, à l’inverse, dynamisantes.
Ici, on parle de croyances reliées à un mouvement sectaire ou religieux alors, bien souvent, elles seront limitantes, voire paralysantes, car celles-ci sont bien souvent reliées à la peur de l’enfer et au contrôle exercé sur le quotidien de ses membres, que ce soit un contrôle sur la nourriture, l’éducation, l’habillement ou même concernant les modes de pensée propres à chacun.e.
Quand tu en arrives à un point où tu te mets à douter de tes croyances propres ou de celles qui t’ont été inculquées, tu peux faire face à différentes réactions. Pour commencer, si tu t’ouvres sur tes doutes à ton entourage, ces derniers feront tout ce qu’ils peuvent pour apporter des éléments qui diminueront ou détruiront tes hésitations. Par la suite, si tu continuais à douter malgré tout, tu le ferais en silence et commencerait à effectuer tes propres recherches. Malheureusement,tu peux avoir le réflexe de faire des recherches qui confirmeront les croyances qui t’ont été inculquées afin de faire taire tes incertitudes qui peuvent te paralyser, t’effrayer ou te culpabiliser. Tu pourras même utiliser, sans s’en rendre compte, des biais de confirmation.
L’appel à l’ignorance et le biais de confirmation
Définissons ce que sont le biais de confirmation ainsi que l’appel à l’ignorance.
Le biais de confirmation, selon Wikipédia, est « un mécanisme cognitif consistant à privilégier les informations qui confirment les idées préconçues ou les hypothèses » que nous avons sur un sujet donné. Lorsque ces biais de confirmation entrent en jeu (par exemple lors d’une prise de décision ou face à un doute quelconque), nous aurons le réflexe d’accorder moins de poids aux hypothèses et aux informations qui peuvent jouer en défaveur de nos idées préconçues ou de nos croyances. À ce moment-là, bien souvent, entre en jeu également l’appel à l’ignorance. Je vais te le définir comme suit:
L’appel à l’ignorance est un terme souvent utilisé afin de « déclarer comme vraies des idées que l’on ne peut déclarer fausses par manque de preuves. » Par exemple, « dieu existe car on ne peut pas prouver qu’il n’existe pas ». Cette phrase peut être prise également dans l’autre sens: « dieu n’existe pas, car on ne peut pas prouver qu’il existe ».
Ces deux formes de pensée nuisent malheureusement à la recherche objective que tu souhaiterais effectuer lorsque tu désires calmer ou valider les éléments de doutes que tu ressens.
Le mieux à faire pour te sortir des biais de confirmation est de ne pas partir en quête vers la confirmation de tes doutes, mais plutôt de chercher des informations relatif a eux, tout simplement. C’est une nuance légère mais importante, car une fois cette quête d’informations effectuée et compilée, il est alors plus facile de mettre nos biais de côté et de s’en tenir aux faits pour prendre une décision ou pour se faire une opinion.
Nombreux sont ceux qui utilisent l’appel à l’ignorance pour essayer de prouver leurs raisonnements en utilisant également des biais cognitifs non fondés. De là au sophisme, il n’y a qu’un pas. Le sophisme est utilisé par plusieurs afin d’amener une idée avec des faits leur paraissant véridiques et évidents mais en réalité non valables au niveau de la logique. Par exemple, quelqu’un pourrait dire : « Il est évident que dieu existe, sinon nous n’existerions pas et la terre non plus ».
Les adeptes d’un milieu sectaire peuvent également être antiscience et donc poser des raisonnements biaisés ou erronés sur la vie et la création de la terre et de l’humain, car ils n’utilisent que les faits qui leur auront été répétés durant leur vie religieuse ou sectaire pour affirmer leur propos.
Malheureusement, au moment où les doutes pointent le bout du nez, tu peux ressentir une grande solitude et également beaucoup d’anxiété. Tu as l’impression d’être anormal.e et tu peux te demander pourquoi tu es la seule personne aux prises avec ces questionnements. Je te confirme que beaucoup plus de personnes que tu ne le crois ont les mêmes réserves mais ne sont pas nécessairement prêtes à en parler ou à les entendre de quelqu’un. Chacun.e vit ce moment d’incertitude d’une façon différente. Bien évidemment, le doute sur tes croyances entrainera peut-être de la solitude et ta sortie de ce groupe une certaine perte sociale, mais ce n’est pas la fin, au contraire ce n’est qu’un nouveau commencement.
Perte sociale
Quand on pense à un mouvement religieux ou à un mouvement sectaire, on pense bien évidemment à une communauté, c’est-à-dire à un regroupement de personnes partageant des croyances similaires. L’être humain aura toujours tendance à vouloir se regrouper auprès de personnes partageant les mêmes idées. C’est un réconfort normal que de vouloir partager avec autrui nos croyances profondes.
Ici quand je parle de croyance, je parle bien évidemment de croyances religieuses. Alors lorsque tu fais partie d’un mouvement religieux ou sectaire, l’esprit de communauté y est fortement présent et puisque tous.tes ont l’air de s’y entraider, il peut être difficile, une fois sorti.e de ce mouvement, de se retrouver seul.e et isolé.e. Selon mon impression, c’est en grande partie grâce à cet esprit de communauté que bien des gens peuvent rester prisonniers de leur secte ou de leur religion pendant tant d’années.
Comme je le disais précédemment, sortir d’une communauté religieuse ou sectaire ne se fait pas sans difficulté, car perdre ses repères et son entourage du jour au lendemain est un gros sacrifice. Tu auras souvent des questionnements quant à savoir si tu as fait le bon choix et si tes raisons et tes doutes étaient raisonnables, ou si ce n’était qu’un moment de faiblesse de ta part. Quand ce sera le cas, il est important de te rappeler tous les faits qui t’auront poussé.e à te détacher et à remettre en question tes croyances et cet entourage toxique qui t’empêchaient de développer ton potentiel et qui te faisaient vivre dans la peur, avec des croyances fondées uniquement sur des histoires et du bouche à oreille, mais non sur des faits.
Les religions et sectes de ce monde ont le pouvoir de nous faire vivre dans le doute de nous-mêmes et la peur constante. Notre cerveau est tellement conditionné à vivre au quotidien avec ces sentiments négatifs que de réussir à s’en libérer est un véritable chemin du combattant. Nous avons tous un potentiel incroyable en nous qui ne demande qu’à être utilisé. Vaincre cette peur et ces doutes envers nous sera long, mais possible malgré tout.
Au final, croire est-il important?
Tout le monde croit en quelque chose et religieuses ou non, les croyances font partie intégrante de l’humain. Que ce soit les croyances en dieu, en un être supérieur ou en la nature elle-même.
Beaucoup de personnes ont besoin de croire en une religion car elles seules peuvent répondre à certaines questions abstraites sur la vie, la mort ou le but de notre existence. Chaque personne est unique et peut avoir un avis différent de celui des autres sur ces questions.
D’autres n’ont pas nécessairement ce type de questionnement ou peuvent vivre avec sans jamais y trouver de réponse.
Tu peux toi-même trouver tes propres croyances. Mon conseil pour toi est le suivant : Fais tes propres recherches sur les sujets qui t’intéressent et qui n’étaient pas abordés dans le milieu dans lequel tu vivais. Ce peut être la science, l’origine de l’homme et de la vie, les vaccins, les avancées de la médecine, les planètes, l’univers, l’histoire des religions ou l’histoire tout court. Tout ce que tu apprendras t’aidera à te faire ta propre idée sur la vie et certaines croyances se feront naturellement en toi au fur et à mesure de tes apprentissages. Toutes tes recherches te mèneront sans doute vers certains groupes ou certaine ressources offrant des idées de lectures pour approfondir tes questions et rien de mieux que de partager avec d’autres tes questionnements pour commencer à te créer un nouveau cercle social.
Tu verras que bien souvent on n’a pas besoin de sortir d’un milieu religieux pour se poser des questions sur la vie et sur le sens donné à celle-ci. Le plus important sera d’être doux et patient envers toi. Le chemin vers la liberté de penser est parfois long et tortueux mais également libérateur et exaltant. Chacun.e possède un chemin qui lui est propre. À toi de trouver celui qui te conviendra. Tu vas y arriver. Crois en toi.
Article écrit par Arthemise



